12 mars 2008

Escarpins


Alors voilà. J'ai un profil artiste-entreprenant. Même pas un profil historique, malgré mon nez en pente et mon menton en galoche. Du coup, comme je suis entreprenante, je viens d'envoyer tout le nécessaire à candidature pour une offre qui m'a fait "tilt" dans mon coeur, ouais. Advienne que pourra, comme disait Assurancetourix. Me voilà plongée dans une dynamique ahurissante, faite d'espoirs (putain, putain putain putain) et de doutes (merde... merde... merde). Mais retrouver une dynamique, voilà le petit truc qui me manquait. Ah et puis, pour être en accord parfait avec mon profil artistique, j'ai écrit mon mail de motivation en alexandrins. Chiche ?! Meuh non, j'ai créé une musique ternaire avec des paroles en l'air et j'ai envoyé le tout en pièce jointe.
Bref.
Sinon, il faut quand même reconnaître qu'il fait un temps de WC. Et en parler. Car en parler, c'est déjà l'accepter, un peu. Sauf que, quand je reçois le lundi matin, un mail avec plein de photos dingues de la demoiselle qui se passe 6 mois en Australie, c'est tout de suite plus délicat d'accepter sa condition de cadre presque dynamique sous la pluie devant son ordi.
Samedi soir, c'était soirée fromages, vins, et musiciens. On a donc fait un blues en mi. Plus précisément, nous nous sommes emballés pendant une bonne demie-heure sur les paroles "aille gate the blues en mi... toufflé". Elle est belle, la jeune France. Jeune... Plus tant que ça. Quand je m'aperçois que le stagiaire est né en 1984, je me sens limite en détournement de mineur à ne serait-ce que CONSTATER qu'il est sexy. Et quand l'autre stagiaire me dit qu'elle est née en 1986, je sens mes rides et ma cellulite qui me crient dans l'oreille "nous voilààà". C'est peut-être pour ça qu'elle m'agace, la petite stagiaire, va savoir.
Mais n'allez pas croire que je regrette les années qui passent. Ah ça, non. Pour retrouver le malaise de la vingtaine, il faudrait me payer. Voilà. Avez-vous vu "Thre will be blood" ? À part la présence de moustaches, ce film relève du film qui scotche. Que tu ne sais plus quoi dire en sortant de la séance tellemenT tu en as plein la tête, plein les yeux, plein les oreilles. Heureusement que ton mec est là pour te décrypter la relation entre religion et religion du fric, parce que toi, t'es même plus cap de penser. ça vient sûrement de là qu'on estime généralement que les hommes nous sont supérieurs. Ahah. La journée de la femme, je l'ai passée à table chez le père de mon cher et tendre, mysogyne au possible, avec la madre qui fait le service et qui se prend de mignonnes réflexions. Ah, la journée de la femme... Vaste connerie. Bon, je m'égare, d'autant que j'aurais aussi aimé raconter que j'ai récemment perdu mon père. On était au supermarché, et puis, après le rayon féculents, je l'ai plus vu. Donc maintenant, je vais profiter de tous les autres rayons, je vais aller boire un rayon de bière, me fumer une ultime clope rayonnante, et me blottir contre le rayon de soleil de ma vie, allez, tant qu'on est dans la cucuterie, autant dépoter un max. Je suis au taquet les gars, au taquet.

Je dois bien avoir quelques dialogues en stock...

De la sagesse des plus petits que soi
- "Et alors, tu as une amoureuse à l'école ?
- J'en avais une, mais elle a déménagé à Orléans il y a un an.
- Bin, tu dois être triste alors.
- Oh, tu sais, dans la vie, il faut savoir se passer des gens."


De la synthèse
- Alors, dans ce livre, le héros a un oncle, ou un savant dans son entourage...
- ...
- Bon, disons un oncle savant.
- Ah, bravo, magnifique !"


De quoi mettre à l'aise
- Dis, c'est quoi ton mail, déjà ?
- c'est blabla@truc.fr
- *rédaction d'un mail perso*
- Ah d'ailleurs, pour info, le boss reçoit tous mes mails en copie.
- *soupir*.