4 janvier 2009

C'est une question de focale


Lectrice, lecteur,
Je vous passe le paragraphe d'excuses concernant une absence qui me vaut d'être cataloguée dans les R.I.P d'un blog que j'oserai qualifier d'influent, et je plonge en direct dans les profondeurs marécageuses de l'inspiration douteuse des débuts d'année. Car début d'année rime généralement avec bilan, point, débrief de l'année passée voire des 28 dernières années, enfin en ce qui me concerne, ce chiffre étant à adapter à l'âge de vos artères respectives, bien entendu. Et bilan, point, débrief, engendrent automatiquement un élan - c'est sociologique, que voulez-vous - vers des espoirs, des rêveries, des enthousiasmes auxquels nous pourrions avoir la bêtise de nous fier. Or, point d'emballement. Restons calmes. Non, nous ne pourrons pas arrêter de fumer juste parce que l'idée nous a traversé le cervelet à 23h59 le 31 décembre. Ah, mes amis, c'est que ces choses de l'arrangement de la vie dans une direction qui nous plairait davantage sont complexes et demandent des qualités rares : volonté, courage, sens du sacrifice, et j'en passe ! Et donc, où sont passées ces qualités ? J'en entends qui répondent "au 3ème mois de la 17ème année, au moment du passage du bac, grosso modo". Bon. Soit. Mais que faire alors, sans courage, sans volonté ? J'ai dans ma besace (que j'ai fort jolie d'ailleurs), deux possibilités de solution. Dans le premier cas, il suffit de revoir toutes ses ambitions à la baisse, ce qui s'avère d'une simplicité déconcertante. Exemple : au lieu de rêver d'un voyage au Japon, pourquoi ne pas le remplacer avantageusement par l'espoir de camper 3 jours en Creuse ?! Plutôt que de rêver à une teinture blond platine, d'un entretien plus que complexe, pourquoi ne pas envisager un simple balayage, mmm ?! Cette première solution tolère une déclinaison, certes plus douloureuse mais rudement efficace : ne rien souhaiter, n'avoir plus de rêves, plus d'envies, plus de désirs, plus d'espoirs de progression personnelle. Vous pouvez également envisager le suicide, cela revient sensiblement au même.
Mais passons à la deuxième solution, car je sens que vous l'attendez le coeur battant. Eh bien, c'est simple mais il fallait y penser : il s'agit d'avoir un bon planning ! Mais oui ! Avouez que vous êtes pantois voire chancelants d'émotion, et je préfèrerais d'ailleurs que vous soyez chancelants d'émotion car j'ai un faible pour cette expression. Enfin bon, vous faites comme vous le sentez, on est libre encore dans ce pays, nom d'une pipe ! Donc, voici le mode d'emploi d'une année réussie : vous vous saisissez d'un bon planning. D'un coup d'un seul, vous envisagez le nombre de jours dont vous disposez cette année, qui devrait s'approcher approximativement du nombre de jours des années précédentes, je sais c'est décevant mais pour être fort il faut savoir passer au-delà de telles déconvenues. Quand vous l'avez dépassée, vous êtes fin prêts. Faites une liste de tous vos objectifs puis crayonnez votre temps libre dans la couleur de votre choix (évitez cependant le noir, qui donnerait immédiatement à votre année à peine entamée un aspect sombre et décevant. Or, "point trop n'en faut", comme disait Nietzsche). Calculez le nombre de journées de temps libre qui s'offre à vous. Convertissez en heures. N'oubliez pas les heures de sommeil, petits sacripants ! Il ne vous reste qu'à dédier à ces heures les moments consacrés aux projets que vous souhaitez du plus profond de votre être avoir accomplis d'ici le 31 décembre 2009. N'omettez pas de considérer la courbe de progression, évidemment. Avouez que c'est très fort. Bien entendu, cela ne règle pas le problème de la volonté et du courage, mais je trouve que vous m'en demandez beaucoup en un seul post, je vous rappelle que je suis seule derrière cet écran, je ne peux matériellement pas me permettre de penser à tout. Ah non mais je vais m'énerver ! C'est quoi ça, de râler alors que je vous livre gratuitement la recette du bonheur ?! Cela étant, une piste à creuser : il semblerait que le secret de la motivation réside dans le ô combien célèbre coup de pied au cul. Pour cela, demandez à votre compagne / compagnon / voisin / concierge / patron / collègue ou ami bien intentionné. Et si vous n'avez aucun de ces individus dans votre entourage, je vous conseille fortement d'inscrire ces rencontres dans le planning sus-mentionné. Car, comme ne le dit pas la formule, "on a toujours besoin d'un plus petit que soi pour se foutre un bon coup de pied au cul".

Et sinon, je me demandais : si les poules avaient des dents, pensez-vous qu'elles apprécieraient les Carambars ? Franchement, la Terre est si pleine de mystères que mes yeux se mouillent de larmes d'émotion.
Ah, c'est trop ! Je vous laisse, mon planning m'indique qu'il est l'heure de manger sain. Je vous le dis, cette année encore, on va bien se marrer.

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Contente que tu aies remis l'écriture dans ton planning!!
Fonce!
ml

8:19 PM  
Blogger The Spooner said...

Et "Bonne année", non?? hein??? ça se permet de revenir sans avertir et rien. Bravo, ça en mériterait un deuxième coup!

Sinon je ne comprends pourquoi il faut être plus petit pour faire ça... Au moins c'est bien je sais quel est mon rôle.

11:19 AM  

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